HELENE CONWAY MOURET – « A l’étranger, chaque Français est un petit bout de la France »

conwayEn déplacement à Madrid à l’occasion du 14 juillet, la ministre déléguée chargée des Français de l’étranger a profité de son passage dans la capitale pour rencontrer les représentants de la communauté française et mettre en avant les réformes en cours, notamment dans le domaine de la représentation politique des expatriés ou de l’attribution des bourses scolaires. « Je suis venue à Madrid par choix, pour être aux côtés d’une communauté qui se bat au quotidien dans un contexte difficile et pour bien montrer l’importance que représente pour notre gouvernement, notre partenariat et notre solidarité avec l’Espagne« , a-t-elle indiqué.

Elle a célébré avec la communauté française de Saint-Petersbourg la fête nationale le 12 juillet. Dimanche dernier, rebelote : Hélène Conway-Mouret était présente à Madrid, à la Résidence de France, pour assister à la cérémonie du 14 juillet et s’exprimer au cours d’une longue allocution centrée sur les Français d’Espagne, sur les dossiers « chauds » de son ministère. Le lendemain, Hélène Conway-Mouret a rencontré plusieurs représentants de la communauté expatriée et s’est entretenue avec la presse.
Pourquoi ce 14 juillet précisément à Madrid ?

Hélène Conway-Mouret : Ma venue à Madrid pour la fête nationale est un choix symbolique, l’occasion de participer à un rassemblement qui regroupe nos ressortissants français, tout en étant ouvert aux autorités locales. J’ai choisi d’être présente en Espagne, qui est notre 5e communauté expatriée dans le monde, pour être aux côtés de compatriotes qui se battent au quotidien dans un contexte de crise économique, mais aussi pour bien marquer, en tant que représentante du gouvernement, l’importance accordée par la France à notre relation avec l’Espagne. L’Espagne est un pays partenaire de la France dans tous les domaines, qu’ils soient économiques, culturels, liés à la sécurité ou à la lutte contre le terrorisme notamment. Je suis ici pour exprimer notre solidarité avec l’Espagne et notre souhait d’une solidarité européenne qui soit bénéfique à tous ceux qui traversent une crise difficile.
Quel a été votre agenda durant ces deux jours à Madrid ?

Dimanche, j’ai notamment procédé à la remise des insignes de l’Ordre National du Mérite, des Palmes Académiques et des Arts et Lettres à plusieurs acteurs de la vie politique et culturelle espagnole avant de participer à la cérémonie du 14 juillet. Lundi, j’ai eu des réunions avec des représentants du monde économique pour faire le point sur la situation du pays et celle des entreprises françaises. Mes interlocuteurs m’ont à cet égard transmis des données rassurantes, avec des indices positifs concernant la stabilisation de la crise, voire même un début de reprise. Dans la foulée, j’ai rencontré les associations qui viennent en aide aux plus démunis. J’ai également profité de ma présence à Madrid pour organiser deux réunions, l’une portant sur notre réseau éducatif en Espagne, l’autre sur la sécurité. Ces différents contacts avec la communauté française d’Espagne sont autant d’occasion pour moi de transmettre notre volonté d’écoute et notre engagement de répondre aux préoccupations des Français de l’étranger. Les expatriés doivent savoir qu’il y a aujourd’hui un ministère qui se charge de leurs préoccupations.

Lors de votre discours du 14 juillet, vous avez notamment fait référence à « la question des bourses« 

La réforme de l’aide à la scolarité à l’étranger était nécessaire d’un point de vue budgétaire, mais aussi pour réformer un système devenu, après la suppression de la PEC, obsolète et un injuste. De nouveaux critères d’attribution des bourses ont donc été définis et c’est lors des commissions locales de bourses du printemps prochain que nous pourrons tester grandeur nature les modifications qui ont été définies, afin d’apporter dans la foulée les ajustements que l’expérience nous indiquera. Il est important de souligner que pour une fois, le pouvoir de décision en la matière reviendra en grande partie aux commissions locales, qui seront à même d’ajuster les critères d’attribution des bourses aux réalités du pays où elles se trouvent. Ainsi, il reviendra par exemple aux commissions locales de relever le plafond social si besoin.
Un autre grand chantier a été la réforme de l’Assemblée des Français de l’Etranger. Pourquoi cette réforme ?

Nous avons connu pendant 30 ans le même système de représentation des Français de l’étranger, composé d’un collège électoral réduit à 155 représentants dans le monde. Et tandis que la communauté expatriée a explosé, que la démographie de cette communauté a grandement évolué, avec des zones de développement forte, en Asie ou au Canada par exemple, et d’autre moindres, comme l’Afrique, le système est, lui, resté figé, avec le même nombre d’élus et les mêmes circonscriptions qu’à sa création. Il était donc nécessaire d’adapter cette représentation à la nouvelle donne de l’expatriation. Ajoutez à cela qu’il existait une grande frustration parmi les conseillers de l’AFE : en dépit de leurs responsabilités et de leur connaissance des sujets depuis le terrain, ils ne disposaient que de très peu de compétences leur permettant d’avoir un véritable impact sur la vie de leurs concitoyens, n’ayant aucun pouvoir pour légiférer ou proposer des amendements sur des projets de loi. La réforme que je propose, avec la création de conseillers consulaires (444), permettra d’avoir des représentants en accord avec la présence française à l’étranger, puisque les consulats sont présent là où les Français résident en majorité. Parmi ces élus locaux de proximité élus au suffrage direct, 90 d’entre eux, élus au suffrage indirect, iront à Paris siéger pour apporter leur expertise. Il faut bien comprendre que je ne souhaitais pas créer un « mille-feuilles » : c’eut été suicidaire de conserver ce qui existe et inventer quelque chose d’autre à côté. On a donc retiré le meilleur de l’existant pour donner une meilleure représentativité démographique des Français de l’étranger, attribuer plus de pouvoirs à leurs représentants et répondre à un défi majeur, l’abstention, en encourageant nos ressortissants à aller dans leurs consulats, qui constitueront les points d’ancrage des nouveaux conseillers.
Quelles sont les qualités que vous appréciez particulièrement chez vos compatriotes expatriés ?

Partir à l’étranger ce n’est jamais anodin : c’est prendre des risques, accepter de se confronter à l’autre, s’éloigner des siens. Je suis très fière des Français expatriés que je rencontre, qui font preuve d’une grande richesse humaine et sont souvent partis par curiosité, pour essayer de compléter leurs savoir-faire et leurs compétences. Ils participent, au niveau humain, au rayonnement de la France : à l’étranger, chaque Français est un petit bout de la France.
Propos recueillis par Vincent GARNIER (www.lepetitjournal.com – Espagne)

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