« Sauver la planète  » pour relancer l’économie

parisclimateLa France présidera la Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques en décembre 2015. C’est une échéance cruciale, puisqu’elle doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C.

Dans ce contexte, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du développement international, s’est rendu les 3 et 4 juillet dernier au Svalbard, à l’invitation de son homologue norvégien, Børge Brende (plus d’informations sur le site de l’Ambassade de France en Norvège).

Au Svalbard, Laurent Fabius a clairement réaffirmé l’enjeu de ces négociations : « La conférence Climat Paris 2015 aura lieu dans cinq cents jours. Et nous avons cinq cents jours pour éviter le chaos climatique. Il faut prendre des décisions non seulement au niveau des gouvernements mais aussi au niveau des entreprises et des autorités locales et régionales. »

Avant Paris, les pays se retrouveront à New York en septembre 2014 pour un sommet exceptionnel sur le changement climatique organisé par le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon, puis à Lima (Pérou) fin 2014.

Malgré de récents signaux positifs en provenance de Washington et Pékin, la complexité des négociations internationales sur le climat ne doit pas être sous-estimée. Pour beaucoup de gouvernements, réduire les émissions de gaz à effet de serre signifie limiter la croissance économique et les pays du Sud ne sont pas prêts à faire des efforts tant que les principaux pollueurs ne montreront pas l’exemple et ne contribueront pas à payer pour les dégâts liés aux effets du changement climatique.

La France et la Norvège, de bons élèves ?

En matière de diplomatie climatique, la France et la Norvège sont plutôt de bons élèves. Les deux pays souhaitent la signature d’un accord international ambitieux et juridiquement contraignant et sont particulièrement impliqués en matière de lutte contre la déforestation (Partenariat REDD+ lancé en 2010 à la conférence d’Oslo sur le climat et la forêt). Les deux pays font aussi de la lutte contre le changement climatique une priorité transversale de leur politique de développement (grâce aux actions de NORAD pour la Norvège et de l’Aide Française au Développement –AFD- pour la France).

Ces dernières années, la France a réduit ses émissions de gaz à effet de serre (GES): ses émissions de 2011, pour la métropole et les départements d’Outre mer, étaient inférieures de 13% à celles de 1990, alors que sur la même période, le PIB a augmenté de prés de 40%. Elle contribue ainsi à l’engagement pris par l’Union européenne et ses États membres au titre du protocole de Kyoto (- 8 % en 2008 – 2012 par rapport à 1990) et au titre du paquet énergie-climat (- 20 % en 2020 par rapport à 1990). Elle fait aussi partie des Etats européens qui soutiennent un objectif européen ambitieux en 2030.

La Norvège, elle aussi, a pris un objectif ambitieux de 30% de réduction des émissions de GES en 2020 (comparé au niveau de1990). Cependant un récent rapport du ministère de l’environnement norvégien montre qu’atteindre cet objectif en 2020 sera difficile.

Un Agenda des Solutions

Selon Laurent Fabius, « un accord en 2015 pourrait reposer schématiquement sur deux piliers : d’une part un accord légal, interétatique, différencié selon les pays, d’autre part, un bloc d’engagements et d’initiatives concrètes des acteurs non-étatiques – entreprises, investisseurs, collectivités territoriales, institutions internationales -, ce que j’appelle l’agenda des solutions ».

Pour cela l’accord devra mettre en œuvre un changement de paradigme, prenant en compte le défi climatique non comme un nécessaire « partage du fardeau » des émissions, mais également comme une opportunité de créations d’emplois et de richesses, d’invention de nouveaux modes de production et de consommation.
Quelques jours après sa visite en Norvège, le Ministre des Affaires Etrangères faisait un appel clair aux investissements verts au cours d’une conférence intitulée «L’investissement, accélérateur de l’histoire du monde» (discours complet)
« Investir pour limiter le dérèglement climatique, c’est de la croissance en plus, pour au moins trois raisons :
­ D’abord, la mutation des économies avancées vers une économie verte représente un réservoir de croissance considérable. La Commission européenne estime que l’économie verte pourrait générer 20 millions d’emplois d’ici à 2020 en Europe.
­ Ensuite, l’innovation verte représente la nouvelle frontière technologique capable de contrer le possible ralentissement du progrès technique. Nous sommes au bord de ruptures de la même ampleur que l’arrivée du pétrole ou d’internet, à condition d’investir utilement.
­ Enfin, selon la Commission européenne, à trajectoire constante, le dérèglement climatique coûtera 1,8 point de PIB annuel en 2080. Ce chiffre serait de plus de 5 points en Asie, région la plus exposée. Limiter le dérèglement climatique, c’est donc préserver notre croissance de demain.
Passer à une économie sobre en carbone, nous savons que c’est l’avenir. La question posée est celle-ci : le mouvement sera-t-il assez rapide pour rendre possible une trajectoire climatique acceptable ? Pour cela, il faut investir massivement. C’est le sens de mon appel».
Espérons que les entrepreneurs français (et norvégiens) sauront répondre à cet appel !

Natacha Blisson
Vice-Présidente FdM-ADFEN

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