Rencontre avec Axelle Lemaire, Secrétaire d’État au numérique

visite lemaire 1Notre association, Français du Monde-ADFE en Norvège, par l’intermédiaire notamment de son président, M. Matthieu Pinard et de M. Stéphane Mukkaden, Conseiller Consulaire, a eu le plaisir de participer à l’organisation de la réunion publique tenue par Mme Axelle Lemaire, Secrétaire d’État chargée du Numérique. Retrouvez ici l’analyse et le bilan de la Ministre sur son travail et celui du gouvernement.Nous remercions tout particulièrement la Chambre de Commerce Franco-Norvégienne dont la coopération active a permis d’accueillir Mme la Ministre dans un cadre convivial et propice au débat. Venue pour se confronter aux analyses, remarques et réactions de près de 70 citoyens français établis en Norvège, Mme Lemaire a ainsi pu entendre nos opinions sur la politique du gouvernement et dialoguer avec les participants.

Après une analyse de politique générale et de l’action du gouvernement, Mme Lemaire a pu répondre longuement aux préoccupations de nos concitoyens. Cette réunion publique, qui devait se terminer vers 19h30, s’est prolongée bien au-delà, pour se terminer de façon conviviale par un cocktail dans la cour de la Chambre de Commerce, accompagné d’amuse-bouches confectionnés par le chocolatier français Sébastien Bruno.

Retrouvez ici l’analyse et le bilan de la Ministre sur son travail et celui du gouvernement.visite lemaire

Sa visite à Oslo et ses divers rendez-vous institutionnels ont permis à Mme Lemaire d’avoir une compréhension d’ensemble des atouts de l’économie norvégienne et défis auxquels la Norvège doit faire face. Sans céder à la facilité d’une comparaison qui n’a pas lieu d’être, Mme la Ministre a souligné que le faible niveau d’endettement public de l’Etat norvégien et que le chômage, bas  bien qu’en hausse font tous deux évidemment pâlir nos dirigeants français. La Norvège est un petit pays avec des ressources, notamment pétrolières, intelligemment gérées et qui, proportionnellement investit beaucoup à l’étranger et a les moyens d’investir dans les politiques publiques. L’économie norvégienne, bien que montrant quelques signes de surchauffe, notamment dans le secteur immobilier, est à même d’absorber un certain nombre de chocs. Cela permet au gouvernement actuel de prendre des décisions dont les effets se mesureront dans plusieurs décennies, plutôt que de devoir parer à l’urgence. Cela permet de renoncer à un certain populisme.

La Norvège a néanmoins eu à gérer le risque de s’installer dans un certain confort, car elle n’a pas été frontalement impactée par les défis de la mondialisation, notamment par la révolution numérique, telle qu’elle a pu toucher la France ou d’autres pays occidentaux. L´état norvégien s’y est employé d’ailleurs au travers du renforcement d’agences telles que “Innovation Norge”. Dans les économies très diversifiées, comme en France, il y a une problématique de perte de compétitivité face à des pays qui ont un coût du travail moins élevé, ou une capacité à produire face à l’innovation plus élevée avec un appareil productif devenu obsolète et dans lequel les investissements ont été insuffisant.

Ce dernier constat a permis à Mme Lemaire de souligner que la France, pays fortement intégré dans la mondialisation, se doit de réagir et prendre sa place dans la révolution numérique en cours. La France se doit donc de réagir vite, et de répondre, notamment à la révolution numérique. C’est le cas des chauffeurs des taxis, des hôteliers ou des petits commerçants face aux compagnies comme Uber, Bablacar, ou Le Bon Coin notamment.

Notre gouvernement s’y emploie avec l’adoption de la loi sur la République numérique, véritable socle législatif qui non seulement sécurise et favorise les innovations et investissements liés aux nouvelles technologies, mais qui permet d’intégrer la composante numérique dans les secteurs d’activités dits plus traditionnels, dans l’administration et aussi dans l’éducation.

Cette loi, votée à la quasi unanimité par les 2 chambres du Parlement, n’est en fait, comme le souligne Mme la Ministre, qu’une partie de la “révolution tranquille” que notre gouvernement s’emploie à réaliser. La majorité actuelle réforme, malgré un coût politique élevé, malgré quelques errements et erreurs de communication, de manière systématique, tous les domaines de la société française. Cette transformation structurelle, difficile à appréhender à l’heure où l’immédiateté (ndlr: exacerbés par la présidence de M. Sarkozy) prend le pas sur la patience , outille les Français pour demain et commence à porter ses fruits.  Mme Lemaire a rappelé qu’il fallait noter, et ne pas oublier, que la majorité précédente avait été élue sur une promesse de réforme, mais avait finalement céder au confort de l’inertie.

Parfois alertée par les pleurs de son fils de quelques mois qui était de nôtres, Mme Lemaire n’a pas manqué de rappeler que l’un des combats importants de ce gouvernement depuis 2012 a été de mener une politique proactive d’encouragement aux femmes à entrer en politique, notamment à travers une loi votée pour l’égalité réelle entre hommes et femmes.

Ça commence à aller mieux. Pourquoi?

Convaincu que les entreprises sont un maillon essentiel de la reprise, le gouvernement tenait a ce que celles-ci retrouvent des marges de compétitivité afin d’investir dans la productivité et dans l’emploi. La mise en oeuvre de politiques favorables a engendré une augmentation de 2 points de ces marges depuis 2012 a ainsi permis un retour des investissements privés. Ce climat favorable ouvre des perspectives de croissance importantes en 2016, notamment dans le secteur du numérique où l’on prévoit une hausse supérieure à 2,5%.

Une augmentation importante des exportations est également observée, alors même que M. Sarkozy a terminé sa présidence avec un déficit commercial abyssal de 50 milliards d’euros. Mme Lemaire a souligné que ce déficit diminue considérablement notamment gràce à la mobilisation par le Ministère des Affaires Etrangères des ambassades et de Business France.

Tous ces gains se sont fait dans un contexte budgétaire très contraint, puisque M. Sarkozy et la droite ont quittés le pouvoir, en 2012 avec une dette de 2000 milliards d’euros, un déficit public de plus de 6% du PIB et alors que nos partenaires européens ne faisaient plus confiance à la France à cause de notre incapacité à réduire ses déficits publics. Les choix budgétaires de M. Hollande et la gauche ont donc été difficile à faire et à accepter notamment socialement. Ils ont cependant donné des résultats, puisque le déficit public a non seulement été maîtrisé mais a été ramené à 3,5% du PIB en moins 4 ans.

Mme Lemaire souligne que le gouvernement et la majorité ont décidé de miser sur l’innovation et l’entreprise à travers une série de mesures qui font aujourd’hui de la France, une terre d’accueil pour les investissements étrangers, notamment pour la recherche. La French Tech, chère à Mme la Ministre, est aujourd’hui reconnue à travers le monde comme la capacité de notre pays a s’inscrire sur la carte mondiale de l’innovation. Cela permet de donner tort à un certain «french bashing» qui reflète une grande méconnaissance des politiques mises en oeuvre en France. Fort de ce succés, le gouvernement a doublé ses investissements dans la French Tech entre 2015 et 2016.

Emploi-Entrepreneuriat

Sur la loi “Travail” aujourd’hui discutée en France, Mme Lemaire aurait aimé que l’on s’y prenne autrement. Il y a aujourd’hui un schisme entre les modes de consultations traditionnelles et les attentes de la société. La Ministre du Travail a été surprise par la vague de protestations sur son projet de loi alors même qu’elle avait menée des consultations avec les partenaires sociaux, syndicats et patronat, et que des accords,qui devaient être transformés dans la loi, avaient été trouvés. Visiblement les aspirations de la société ne semblent pas aujourd’hui pas représentées par les partenaires sociaux syndicats, qui ne représentent plus que 5% de la société. Il est certain que le dialogue social et la représentativité des acteurs sociaux et économiques en France doivent être améliorés.

Un des enjeux principaux  de la loi El Komhri est de pouvoir passer des accords avec les salariés au plus près des besoins des entreprises, ce qui passe mal auprès des syndicats, de part une certaine incompréhension des enjeux.

Mme la Ministre souligne que dans cette loi se trouvent un certain nombres de dispositions qui permettront de fluidifier les parcours professionnels des citoyens. Exemple est pris avec le CPA (compte …).  Celui-ci permet d’avoir des droits rechargeables utilisables tout au long de sa vie, retraite inclue. Fort du constat la reconnaissance des droits sociaux est aujourd’hui rendue plus difficile par la mobilité professionnelle, le CPA, qui s’étoffera graduellement, va permettre d’être en phase avec les besoins modernes du marché du travail et  protège notamment les salariés les plus précaires, ceux qui ont eu des petits boulots et qui doivent pouvoir bénéficier des droits acquis à chacune de ces expériences.

La formation continue et la formation professionnelle sont parmi les enjeux majeurs, aujourd’hui en France, de la lutte contre le chômage. Le President Hollande a ainsi annoncé la possibilité pour 500000 chômeurs de bénéficier d’une formation en adéquation avec leur profil et les besoins du marche de travail. Parmi les outils crées pour cela, il y a la Grande École du numérique qui, en un an seulement, a labellisé 170 formations partout dans les territoires. L’objectif est de former 5000 jeunes avec un taux d’employabilité de 90%. C’est une des réponses de politique publique proposées par Mme Lemaire.

Education

Mme Lemaire fut surpris de la polémique en France sur la réforme du collège, inspirée du modèle nordique, dont l’objectif affiché était de réduire les inégalités sociales et d’aider chaque élève et futur citoyen à déterminer son avenir professionnel. La réforme du collège doit permettre de ne pas soumettre les enfants à des rythmes inadaptés et ainsi d’encourager le développement personnel et les activités périscolaires tout en assurant un suivi plus personnalisé.

Santé

Sur la santé les avancées sociales ont là aussi été importantes, malgré les vagues de contestations des professionnels. Les nombreuses polémiques sur ces réformes ont à aussi surpris Mme Lemaire. La complémentaire santé est maintenant obligatoire pour tous les salariés du secteur privé et e tiers payant généralisé permet dorénavant à tous de se soigner sans devoir avancer les frais de santé. Il s’agit là non seulement d’une mesure essentielle de rationalisation et de simplification des flux et de la relation avec les usagers, mais aussi d’une loi socialement équitable, souligne Mme la Ministre.

Loi Numérique

La rédaction de cette loi s’est faite en partant du constat que le programme sur lequel le Président de la République et la majorité se sont engagés pour orienter le pays dans une certaine direction, a du mal à résister face à la machine administrative, ce qui entame la légitimité de l’action gouvernementale. Ce constat a donc amené l’exigence de la transparence, de l’ouverture et de la modestie, permettant la mise en place d’une plate-forme consultative pour la première fois en France. C’est une loi qui a permis à quelques 20000 contributeurs de participer à la consultation publique lancée par notre Secrétaire d’Etat au numérique l’an dernier, consultation qui aura duré 3 semaines et dont l’objectif était de co-produire la loi. Cette démarche totalement inédite pour un texte législatif va permettre de rendre l’économie et la société numérique française à la fois protectrice et inclusive. Cette initiative heureuse a montré une véritable attente des français de participer à la vie politique. Cette loi permet de réaffirmer les valeurs de la République à l’aune du numérique au travers de 3 chapitres :

  • Économie et société du savoir: capacité à traiter les données
  • Protection des citoyens et des entreprises
  • Inclusion des territoires

 

Ce texte est le seul qui a été adopte à l’unanimité à l’Assemblée Nationale et au Sénat, et pourtant très peu a été dit, écrit commenter dessus. Cela interroge, forcément, sur fonctionnement des médias, sur leur relative indépendance, sur la transparence des liens entre la propriété des médias et la réalité des lignes éditoriales aujourd’hui en France. Ce constat permet à Mme Lemaire de déplorer la recherche de la petite phrase qui sera reprise en boucle par les médias, la personnalisation à l’extrême du monde politique, qui sont dommageable pour la démocratie.

Europe

Le gouvernement français est, selon Mme Lemaire, sans aucun doute possible le gouvernement le plus européen de l’UE. Le seul dirigeant qui aujourd’hui porte la vision de l’Europe telle qu’on la voudrait, solidaire, unie et à l’initiative, est François Hollande. La France participe et présidera à partir de décembre le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, succédant ainsi à la Norvège, une première pour un pays qui n’était ni membre ni observateur il y a encore 1 an. Sous l’impulsion de Mme Lemaire, décision a été prise de s’investir pleinement dans le PGO pour faire de la transparence de l’action publique une priorité de la France.
Mme Lemaire a terminé son intervention passionnante en martelant que le volontarisme politique de M. Hollande, du gouvernement et de la majorité porte ses fruits, notamment sur le plan international, où l’action de la France est particulièrement appréciée, notamment pour le courage montré pour assumer un certain nombre de décision, quitte a les assumer seule quand, par exemple, la solidarité européenne n’est pas au rendez-vous.

 

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